QUELLE RESPONSABILITÉ SOCIALE POUR LES ENTREPRISES ?

responsabilité sociale

Par Scott McKay, conseiller principal, développement durable

Personne ne contestera le fait que les entreprises, reconnues légalement comme personnes morales, ont des responsabilités envers la société. Mais comment mieux exercer la responsabilité sociale des entreprises ? Le vieux débat de fond entre responsabilité envers les actionnaires et responsabilité élargie envers toutes les parties prenantes demeure encore. Nous devons toutefois constater qu’une saine gestion des risques repose sur une stratégie de responsabilité sociale bien ancrée dans les valeurs et la culture de l’entreprise.

Milton Friedman l’a affirmé dans un article devenu célèbre : « La responsabilité sociale de l’entreprise est de maximiser les profits[i] ». D’une part, aucune entreprise ne peut survivre sans générer de bénéfices nets. D’autre part, négliger les actionnaires est une grave erreur. « Il faut d’abord créer de la richesse si on veut pouvoir la redistribuer », entend-on souvent dire. Cette redistribution de la richesse n’est-elle pas avant tout la responsabilité des gouvernements ? Toutefois, en limitant la responsabilité de son entreprise au strict respect de la loi et à la maximisation du bénéfice des actionnaires (« shareholders »), un gestionnaire se prive du contrôle d’éléments stratégiques qui influencent son entreprise et qui pourraient lui nuire considérablement.

Ed Freeman a été le premier à présenter la responsabilité sociale comme une stratégie de gestion. Dans son bouquin, devenu la référence en la matière[ii], Freeman souligne que de multiples parties prenantes (« stakeholders ») influencent ou sont influencées par les activités de l’entreprise. La gestion des relations avec les parties prenantes est aussi importante que celle des facteurs internes de l’entreprise. Les actionnaires et les employés sont des parties prenantes essentielles, tout comme les clients et les fournisseurs. Dans notre société moderne, il faut aussi inclure les médias, les groupes de pression et les différents paliers gouvernementaux. Ça commence à faire du monde à la messe !

La complexité relative des parties prenantes et des enjeux sociaux, environnementaux et de gouvernance de l’entreprise commande donc qu’on les intègre dans une stratégie de responsabilité sociale. Certains l’appellent aussi « stratégie de développement durable » ou assument cette dimension au sein de leur code de conduite. Quoi qu’il en soit, pour être vraiment efficace, une telle stratégie ne doit pas être désincarnée des valeurs et de la culture organisationnelle de l’entreprise. Sinon, le jupon dépasse et plusieurs parties prenantes constateront rapidement qu’il s’agit plutôt d’un simple effort de marketing, du « greenwashing [iii]» ou encore de la manipulation pure et simple de bons sentiments.

Alors, comme dirigeant d’entreprise, pouvez-vous affirmer que vous êtes en contrôle des principaux facteurs qui influencent votre succès en affaires ? Vos activités sont-elles en parfaite harmonie avec vos valeurs ? La perception qu’ont les différents publics du niveau de développement moral de votre entreprise est-elle à la hauteur de vos efforts ? Êtes-vous certain d’avoir l’acceptabilité sociale, la « licence sociale pour opérer » ?

Il est impossible de répondre oui à toutes ces questions. Cependant, vous pouvez vous doter d’une stratégie de responsabilité sociale qui minimisera le risque d’atteinte à votre image de marque, développera la confiance des investisseurs, des assureurs et des gouvernements et renforcera la loyauté des employés et des clients.

La bonne nouvelle : vous n’avez pas à sacrifier la profitabilité de votre entreprise pour être un dirigeant responsable. Lorsqu’on regarde au-delà du prochain trimestre, les notions de profit et de responsabilité sociale vont de pair.

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[i] Friedman, Milton; “The Social Responsibility of Business is to Increase its Profits”, The New York Times Magazine, 13 septembre 1970.

[ii] Freeman, R. Edward; « Strategic Management; A Stakeholder Approach », 1984 (ré-édité 2010).

[iii] Le fait de donner faussement à une entreprise ou à un produit des qualités écologiques, terme élaboré en référence au blanchiment d’argent.

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